Une étude Générations Futures/CRIIGEN des perturbations de l’expression de l’ensemble des gènes du champignon du sol Aspergillus nidulans exposé à une formulation commerciale d’herbicide à base de glyphosate en condition de tolérance apparente

Une étude Générations Futures/CRIIGEN des perturbations de l’expression de l’ensemble des gènes du champignon du sol Aspergillus nidulans exposé à une formulation commerciale d’herbicide à base de glyphosate en condition de tolérance apparente

Une nouvelle étude publiée par l’équipe de recherche de Christian Vélot, généticien moléculaire à l’Université Paris-Sud, et réalisée dans le cadre d’un projet de recherche participatif impliquant Générations Futures et le Criigen, montre comment le Roundup perturbe le métabolisme en altérant le fonctionnement d’un grand nombre de gènes, dans des conditions de tolérance apparente, c’est-à-dire à une dose qui ne provoque pourtant aucun effet visible sur l’organisme entier.

Les herbicides à base de glyphosate, tels que les Roundup®, sont les herbicides non sélectifs les plus abondamment utilisés. La libération de ces composés en grandes quantités dans l’environnement est susceptible d’affecter la qualité et la santé des sols, en particulier en raison des effets non ciblés sur une large gamme d’organismes, y compris les micro-organismes. Nous avons précédemment montré que le champignon filamenteux du sol Aspergillus nidulans, un organisme modèle expérimental bien caractérisé qui peut être utilisé comme bio-indicateur de la santé des sols agricoles, est largement affecté par le Roundup GT Plus (R450: 450 g / L de glyphosate). Ces effets se manifestent à des concentrations bien inférieures à celles recommandées pour l’agriculture, et y compris à une dose qui ne provoque aucun effet visible.

Dans cette étude, nous avons déterminé les altérations dans l’expression de l’ensemble des gènes d’A. nidulans lorsqu’il a été exposé au R450 à une concentration correspondant à la dose dite “NOAEL”, c’est- à-dire la dose maximale pour laquelle aucun effet nocif n’est observé à l’échelle macroscopique.

Un total de 1816 gènes (sur 11 000) avaient leur expression altérée. Les fonctions biologiques concernées et les plus affectées étaient la synthèse des protéines, le métabolisme des acides aminés et le métabolisme secondaire, ainsi que les différents processus impliqués dans la réponse au stress. Ces résultats expliquent en partie les mécanismes moléculaires responsables des altérations morphologiques et de croissance détectés chez ce champignon lorsqu’il est exposé à des concentrations plus élevées de cet herbicide. En conclusion, nos résultats mettent en évidence des perturbations moléculaires chez un champignon du sol dans des conditions de tolérance apparente à l’herbicide, c’est-à-dire lorsqu’il est exposé à une dose qui ne provoque pourtant aucun effet visible. Ils confirment ainsi la nécessité de remettre en cause le principe d’ « équivalence en substance » lorsqu’il s’applique aux plantes génétiquement modifiées rendues tolérantes aux herbicides. En effet, ce principe sur lequel s’appuie l’évaluation des OGM, ne prend pas en compte les résidus d’herbicides présents dans les plantes en question, au prétexte que les plantes ne manifestent aucun effet apparent aux doses utilisées (tolérance apparente).

Lire l’étude complète (en anglais)

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