SDHI : Sensibilité de la chaîne respiratoire mitochondriale aux pesticides SDHI et conséquence sur les cellules humaines en culture

SDHI : Sensibilité de la chaîne respiratoire mitochondriale aux pesticides SDHI et conséquence sur les cellules humaines en culture
  • Les SDHI (Inhibiteurs de la Succinate DésHydrogénase) sont une famille de fongicides, conçus dans les années 80, et de plus en plus utilisés en agriculture. Comme leur nom l’indique, ils agissent en inhibant la succinate déshydrogénase, une enzyme clé de la respiration cellulaire. Or cette enzyme n’est pas du tout spécifique des champignons, mais est au contraire extrêmement conservée dans l’ensemble du monde vivant. Ce qui laisse craindre des effets toxiques chez de nombreux organismes autres que les champignons, dont les humains, comme viennent de le montrer un collectif de chercheurs de l’Inserm dans une étude publiée début novembre.
  • Cette étude scientifique, qui porte sur les SDHI, les Inhibiteurs de la Succinate DésHydrogénase (la SDHou complexe II, une enzyme des mitochondries, impliquée dans la respiration des cellules)

 

  • Résumé : Les Inhibiteurs de la Succinate DésHydrogénase (SDH) (SDHI) sont utilisés dans le monde entier pour limiter la prolifération de moisissures sur les plantes et leurs produits. Toutefois, la SDH, également appelé complexe II de la chaîne respiratoire, est un composant universel des mitochondries qui sont présentes dans quasi tous les organismes vivants. La SDH est restée particulièrement conservée au cours de l’évolution, et l’on peut légitimement s’interroger sur la spécificité des SDHI vis-à-vis des seules moisissures. Ici, nous établissons d’abord que la SDH de l’homme, de l’abeille domestique, du ver de terre et des champignons sont toutes sensibles aux huit SDHI testés, avec toutefois des valeurs d’IC50 variables, généralement de l’ordre du micro-molaire. Nous avons ensuite observé que ci nq des SDHI, principalement de la dernière génération, inhibent, outre la SDH, l’activité du complexe III de la chaîne respiratoire. Puis, nous montrons que le glucose présent dans les milieux de culture cellulaire masque totalement l’effet délétère des SDHI. En effet, le glucose métabolisé par la glycolyse va fournir suffisamment d’ATP et de pouvoir réducteur (NADPH) pour les enzymes antioxydantes et ainsi permettre la croissance de cellules déficientes en chaîne respiratoire. En revanche, lorsque la glutamine est la principale source de carbone au lieu du glucose, la présence de SDHI entraîne une mort cellulaire dépendante du temps. Ce processus est considérablement accéléré pour des fibroblastes provenant de patients atteints de maladies neurologiques ou neurodégénératives dues à une altération de la chaîne respiratoire (encéphalopathie due à un déficit partiel de SDH) et/ou à une hypersensibilité aux stress oxydatifs (ataxie de Friedreich, forme héréditairede la maladie d’Alzheimer).
  • La traduction de la publication avec adaptation et réorganisation des images augmentée d’encarts explicatifs supplémentaires:

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