Réponse à la Commission du Génie Biomoléculaire

Réponse à la Commission du Génie Biomoléculaire
À Mesdames et Messieurs de la Commission du Génie Biomoléculaire

Le 29 mai dernier nous avons été convoqués devant vous au sujet de la publication internationale de notre étude sur les signes de toxicité que présente le maïs OGM MON863. Les conditions mêmes de la réunion ne nous ont pas permis de nous exprimer sur le fond.

En particulier, le premier point portait sur la croissance du poids des rats et s’appuyait sur un rapport qui ne nous avait pas été transmis ce qui est regrettable car il aurait été possible d’avoir une discussion sereine sur cette question qui n’est pas, par ailleurs, le point central de notre publication.

La raison de cette lettre est donc de clarifier certains éléments. Nous confirmons donc notre analyse comme adéquate après avoir pris connaissance du rapport de la CGB. Nous avons une approche plus pragmatique qui consiste à initier notre étude à partir des courbes expérimentales moyennes. Par ailleurs, toutes comparaisons avec des hybrides du MON 863 ne pourront pas permettre de conclure : d’une part car les niveaux d’insecticides sont mal caractérisés et différents (si les effets que nous observons sont bien dus à l’insecticide). D’autre part, les modifications génétiques différentes empêchent de considérer, à cause des interactions possibles, ces résultats comme permettant de tirer une conclusion définitive. De plus, des statistiques aussi approfondies que les nôtres, non pas été faites sur les hybrides.


Rappelons tout d’abord que le rapport des services de Monsanto n’avait en aucune manière abordé cette question en dehors de l’ANOVA par sexe, semaine après semaine.
Notre méthode pour aborder cette question a été la suivante :
– Représentation graphique des courbes expérimentales de croissance des poids des rats par sexe et pour les seuls groupes nourris au MON863 à 11% et 33% et les groupes correspondants nourris avec le maïs isogénique (groupes contrôles).
– Cette représentation faisait apparaître des écarts différentiés selon le sexe et la dose : les mâles nourris à 11% OMG croissaient en moyenne moins vite que ceux des groupes contrôles, les femelles nourries à 33% croissaient en moyenne plus vite que les groupes contrôles. Après recherche bibliographique, nous avons vu que dans le cas de croissance de mammifères, les courbes de Gompertz pouvaient être utilisées pour représenter cette croissance.
– Nous avons alors ajusté une courbe de Gompertz sur les courbes empiriques d’intérêts. Les paramètres étaient alors estimés par régression non linéaire sur la base des 14 valeurs moyennes de poids correspondantes aux 14 semaines afin de représenter une courbe moyenne théorique correspondant à la courbe empirique (nous parlons dans notre publication de « the experimental and corresponding theoretical curves »). Nous avons alors représenté ces courbes moyennes théoriques en faisant apparaître des barres d’erreurs associées à chacune de ces moyennes. Les résidus dans ce cas se réduisaient aux 14 différences entre les valeurs moyennes et la courbe de Gompertz qui, après test, pouvaient être considérés comme vérifiant les conditions usuelles.
– Ces courbes ont donc été comparées et sont significativement différentes. Nous en avons donc déduit que les croissances moyennes des rats des groupes concernés étaient différentes et cet élément à été mis en relation avec l’ensemble des variables hématologiques, chimiques et urinaires qui apparaissaient être exprimées différentiellement (tables 2 et 3) et qui constituent l’élément le plus important de la publication.
– Nous tenons à rappeler que notre démarche ne consistait alors non pas à faire une étude statistique de comparaison de modèles comme a pu le faire le rapporteur externe de la CGB, mais à comparer les courbes moyennes théoriques ajustées sur les moyennes observées.
Veuillez accepter, Mesdames et Messieurs, nos sentiments respectueux
Les trois auteurs de la publication, Dr. D. Cellier, Pr. G.E. Séralini et Dr. Joël Spiroux de Vendômois

 

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