De nouvelles techniques de génie génétique pour altérer définitivement le patrimoine génétique des espèces

De nouvelles techniques de génie génétique pour altérer définitivement le patrimoine génétique des espèces


L’année dernière, des chercheurs et des régulateurs ont exprimé des préoccupations portant sur l’utilisation, alors hypothétique, de nouvelles techniques de génie génétique pouvant modifier rapidement les populations entières de plantes ou d’animaux. Une telle technique, appelé « gene drive », pourrait avoir des conséquences écologiques imprévues (K.A. Oye et al, Science 345, 626-628;. 2014). Les auteurs ont discuté des lignes directrices en matière de sécurité, ont fait des recommandations de politique générale, et ont rencontré quelques critiques: pourquoi donner l’alarme sur une technique qui n’existait pas encore ?

Moins d’un an plus tard, elle existait. Deux groupes ont publié des exemples de modifications génétiques effectuées avec le système CRISPR. Ces dernières modifications génétiques étaient transférables entre les différents chromosomes des paires de chromosomes, assurant une transmission à la progéniture et permettant ainsi aux mutations de se propager rapidement dans une population (V. M. Gantz and E. Bier Science 348, 442–444 (2015) et J. E. DiCarlo et al., http://doi.org/6k2; 2015).

Modifier le patrimoine génétique d’un animal de laboratoire ou d’une plante agricole est une chose. S’assurer de la transmission du nouveau caractère à toute une population sauvage en est tout autre. Le processus soulève naturellement des préoccupations. Mais il pourrait avoir des avantages : les moustiques pourraient être modifiés afin qu’ils ne puissent plus porter le paludisme, ou une espèce en voie de disparition pourrait être sauvée en supprimant une espèce concurrente invasive.

[…] L’utilisation de la technique CRISPR ajoute des dimensions supplémentaires au débat, car cette nouvelle technique rend plus facile et plus rapide la création, et donc la dissémination potentielle, intentionnelle ou accidentelle, de ces nouveaux OGMs. Les chercheurs et les organismes de financement devraient comprendre que les efforts pour étudier les conséquences écologiques de la technique « gene drive » devraient être une priorité. Les régulateurs et le reste du monde doivent suivre le rythme imposé par le développement rapide de la technologie CRISPR, et il y a peu de temps à perdre !

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