Covid-19 : un virus tueur ?

Covid-19 : un virus tueur ?

Par Christian VÉLOT • Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN • Généticien moléculaire •  Sa Biographie…

Nous sommes bien d’accord : beaucoup de personnes ont payé le prix fort de la pandémie que nous avons traversée (et traversons encore). Et « Covid-19 » va pour longtemps et pour beaucoup résonner avec « mort ». Mais force est de constater que le virus à l’origine de la Covid-19 n’est pourtant pas un virus tueur. Si tel était le cas, le nombre de morts à déplorer serait bien supérieur à ce qu’il est déjà. En effet, la grande majorité des personnes ayant contracté le virus y ont survécu, avec souvent une guérison relativement rapide, même si certaines d’entre elles ont gardé quelques séquelles et que certaines de ces séquelles ne sont probablement pas encore clairement identifiées.

Nous savons qu’à quelques rares exceptions près, les victimes de la Covid-19 sont des personnes déjà fragilisées (« présentant des co-morbidités » comme nous ont dit les invités des plateaux-télé dans leur langage de « savants », espérant bien ainsi que personne ne comprenne vraiment de quoi il relève). Il s’agit de personnes atteintes de maladies dites chroniques : obésité, diabète de type 2, cancers, maladies cardiovasculaires… Non, le coronavirus à l’origine de la Covid-19 n’est pas un virus tueur : il ne fait que porter l’estocade finale chez des personnes rendues vulnérables par d’autres pathologies.

 

La question que nous devons nous poser est donc de savoir pourquoi il y a autant de personnes fragiles. Le problème n’est pas tant ce coronavirus que l’explosion des maladies chroniques dont ni le gouvernement, ni le directeur général de la santé, ni les multiples médecins confinés pendant deux mois sur les plateaux-télé des chaînes d’info continue, ne semblent s’inquiéter. Pourtant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) alerte depuis longtemps sur l’explosion de ces maladies chroniques qui ont fait dans le monde (selon ses propres chiffres), pour la seule année 2008 (et cela n’a fait qu’empirer depuis), 36 millions de morts ! C’est sans commune mesure avec les chiffres rapportés tous les soirs par le professeur Salomon ! A croire que tous les morts n’ont pas la même valeur ! Par exemple, pourquoi la pollution de l’air, qui fait beaucoup plus de victimes que la Covid-19, ne suscite-t-elle pas le moindre recensement quotidien du nombre de morts ni la moindre mobilisation de la part de l’Etat français qui vient d’ailleurs d’être condamné (le 10 juillet dernier) par le Conseil d’Etat pour inaction dans ce domaine.

Autre fait marquant : 29% des 36 millions de morts de maladies chroniques recensés par l’OMS en 2008 avaient moins de 60 ans ! Et oui, ces maladies touchent des personnes de plus en plus jeunes. Et cet état de fait est là encore parfaitement révélé par la Covid-19. Quand il était question en France de prolonger le confinement au delà du 11 mai pour les individus fragiles, cela concernait 18 millions de personnes. Or, il n’y a pas 18 millions de Français de plus de 70 ans (qui d’ailleurs ne sont pas tous fragiles) !

 

Il est donc urgent de s’attaquer de près aux causes des maladies chroniques dont nous savons qu’elles ne sont ni génétiques ni infectieuses. Il n’y a en effet aucune loi de la génétique classique qui permette de rendre compte d’une telle explosion sur des temps aussi courts (à travers un nombre très faible de générations), tout comme il est clair que dans la grande majorité des cas, ces pathologies ne sont pas dues à un agent infectieux (virus ou bactérie). Non, nous le savons, la cause est environnementale : cette recrudescence de maladies chroniques s’explique notamment pas les nombreuses pollutions chimiques, et en particulier les pesticides et autre perturbateurs endocriniens omniprésents dans l’air qu’on respire, dans notre habitation, dans notre alimentation ! Le Coronavirus n’est que le révélateur de cette autre pandémie silencieuse !

 

Marcel de la Gare • Extrait de « Tout va de traviole » • Les Dessin’Acteurs

Se prémunir de la Covid-19 aujourd’hui ou d’une autre maladie infectieuse demain passe par la lutte contre les pollutions chimiques. Or, c’est malheureusement toute la stratégie contraire à laquelle nous assistons. Nous étions déjà (dans le « monde d’avant ») obsédés par l’hygiène pasteurienne, au détriment de l’hygiène chimique. Cet épisode de la Covid-19 n’aura fait que décupler l’obsession du postillon et de la poignée de porte et nous désintéresser encore un peu plus de tous les poisons qui nous entourent. Mieux, cette pandémie est un prétexte et la porte ouverte à de plus grandes contaminations chimiques : on désinfecte à tout va, les tables, les sièges, les plans de travail, les portes, les rues et même les plages (!!) sans se préoccuper de la composition des produits utilisés et de leur dissémination dans nos intérieurs et dans l’environnement.

Cette stratégie qui consiste à avoir recours à une désinfection acharnée pour lutter contre un virus rappelle étrangement celle qui consiste à avoir recours au nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique !

Il y aura donc bien un « monde d’après » : il sera pour l’essentiel comme le « monde d’avant », mais après… et pire !