Avis du CRIIGEN sur l’étiquetage des OGM – Janvier 2010

Avis du CRIIGEN sur l’étiquetage des OGM – Janvier 2010

AVIS

DES CONSEILS D’ADMINISTRATION ET SCIENTIFIQUE DU CRIIGEN

SUR L’EVOLUTION DE L’ETIQUETAGE DES OGM

ET DES PRODUITS ANIMAUX NOURRIS D’OGM,

suite à la réunion du 15/1/2010.

Préambule :

L’étiquetage européen des OGM est évolutif, notamment au niveau de son seuil. Aussi, se pose aujourd’hui la question de la position du curseur à partir duquel un produit est considéré comme contenant des OGM (produits végétaux) ou issu d’animaux nourris avec des OGM (viande, oeufs, lait, fromage, poissons, etc.). Jusqu’à présent, pour les produits végétaux, le curseur est situé à 0,9 % de présence d’OGM par ingrédient, mais aucun étiquetage ne permet au consommateur de savoir si oui ou non les produits issus d’animaux qu’il consomme le sont de bétail nourri avec des OGM (ou avec produits contaminés par des OGM, cas le plus fréquent). Pourtant les OGM pénètrent massivement la chaîne alimentaire via l’alimentation animale, et les récentes contre-expertises, publiées par le CRIIGEN, des études de Monsanto réalisées pendant trois mois seulement sur des rats nourris avec 3 OGM différents, laissent craindre le développement de pathologies chroniques et démontrent que l’évaluation est gravement insuffisante. Il est par conséquent crucial et urgent que le consommateur soit informé.

En réponse à la proposition du HCB : rubrique « Actualité OGM »


Situation et proposition :

On propose aujourd’hui, avec une mise en place progressive sur plusieurs années, que les produits végétaux ne pourraient plus être considérés comme « sans OGM » dès lors qu’ils en contiennent plus de 0,1%, et les produits animaliers ne pourraient porter la mention « nourri sans OGM » que s’ils sont issus d’animaux nourris toute leur vie avec des aliments contenant moins de 0,1% d’OGM.

Nous considérons qu’un système à deux seuils avec trois catégories est socialement et techniquement très difficile et peu acceptable car il reviendrait à banaliser la plupart des produits (caractérisés par une présence d’OGM comprise entre 0,1 et 0,9%) largement majoritaires, avec deux catégories très marginales, les produits étiquetés OGM (> 0,9 %) et ceux certifiés sans OGM (< 0,1%). En effet, à l’heure actuelle (et nous espérons voir cela évoluer), les élevages européens sont fortement dépendants des importations de soja en provenance du continent américain, soja dont la contamination endémique est très souvent supérieure à 0,1%, mais qui restent certifiés de fait « sans OGM » dès lors que cette contamination n’atteint pas les 0,9%.

Le CRIIGEN propose donc un système plus simple et efficace avec un curseur unique situé au seuil de 0,5% pour les produits végétaux (au lieu de 0,9% aujourd’hui, cela relèverait d’une décision européenne), et le même seuil intermédiaire de 0,5% pour les produits issus d’animaux avec un plan de progrès y compris gouvernemental (négociations à l’OMC sur les importations de sojas, contrôles fréquents de la Répression des Fraudes sur la validité de l’étiquetage des importations) permettant d’atteindre progressivement le seuil de 0,1%. Par ailleurs, pour ne pas, sur le long terme, banaliser les produits contenant des OGM, nous recommandons un étiquetage positif par la présence plutôt que par l’absence, c’est-à-dire d’étiqueter les produits en contenant (ou issus d’animaux nourris avec des aliments en contenant), plutôt que ceux n’en contenant pas, avec les mentions respectives « contient des OGM » ou « nourri avec OGM » plutôt que « sans OGM » ou « nourri sans OGM », qui demeure la situation la plus courante dans le monde.

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