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Controverse sur les effets des OGM sur la santé

Jeudi 19 Janvier 2012

Un article récent (Snell Chelsea et al., Food and Chem. Tox.) a provoqué un débat en décembre 2011. Il a été co-signé par Gérard Pascal qui a contribué aux autorisations d'un grand nombre d'OGM au sein des comités français d'évaluation. Après analyse (c'est ce qu'il dit) de 24 études long terme ou multigénérationnelles d'animaux consommant des OGM, Gérard Pascal prétend que cela démontre que ces OGM sont sans danger. Bien sûr, cette personne produit les mêmes résultats et conclusions que les industriels, en affirmant que toutes les différences significatives par rapport aux témoins ne sont pas un problème puisqu'ils sont inclus dans les « variations biologiques normales ». Alors quel est le but de contrôles comparatifs internes à l'expérience ? Il ne refait pas tous les calculs statistiques, contrairement à nous.  

Les auteurs qualifient de “long terme” des tests de quelques mois sur des saumons ou des macaques, de deux ans sur des vaches qui vivent quinze ans, et de quelques semaines sur des poulets ou des cailles, et bien sûr ils ne notent pas que ces études n'ont été ni requises ni réalisées avant la commercialisation de ces OGM. Nos revues largement consultées par la communauté scientifique (Séralini et al. Env. Sci. Europe, 2011, 23, 10-20, voir lien en page de bienvenue sur notre site) détaillant le contraire sont ignorées, ce qui n'est pas éthique d'un point de vue scientifique.  

Au diable l'objectivité ! Pire, un grand nombre d'études long terme de Malatesta et ses collègues sur des souris mangeant des sojas au Roundup, que nous avions déjà identifiées comme mettant en lumière les effets négatifs des OGM (en détail dans les foies, les pancréas, testicules au niveau cellulaire) sont considérées comme ne montrant rien malgré les conclusions de leurs auteurs !  

Ils rejugent des publications internationales comme bon leur semble, transforment leurs découvertes ou les ignorent pour des raisons douteuses ou étranges : « Le soja OGM pourrait ne pas avoir poussé près d'un champ non OGM (ou le contraire) avant que les souris n'en mangent ! ». Lorsqu'on se préoccupe de tels détails avant de lever le moindre doute pour la santé publique, n'y a-t-il pas un risque de créer des générations d'étudiants écœurés par la science ? Un exemple parfait d'expertise contradictoire en somme !