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Faut-il revoir les standards du glyphosate ?

A cette question, une équipe de recherche américano-britannique a estimé que les normes environnementales et sanitaires des herbicides à base de glyphosate sont aujourd’hui dépassées, et qu’il est temps de réévaluer la toxicité de la molécule.


 

Il est le plus commun des principes actifs des herbicides, son utilisation a explosé lors des dix dernières années et mérite de ce fait une attention particulière. Connu depuis 1974, le glyphosate a fait l’objet de nombreuses études depuis sa commercialisation, et évidemment, d’évaluations, comme le nécessitent ce type de substances actives.

 

 

Mais une étude parue dans le Journal of Epidemiology & Community Health vient ébranler les certitudes concernant les standards autorisés, en pointant du doigt l’obsolescence des recherches ayant servi à les établir. Cette étude est co-écrite par deux membres du conseil scientifique du CRIIGEN, le Dr. Robin Mesnage et le Dr. Michael Antoniou. Comme ils l’indiquent dans leur travail, les auteurs soulignent que « la plupart de la science utilisée dans le processus d’évaluation du risque pour soutenir sa sureté a été conduite il y a plus de 30 ans », à une époque où le glyphosate n’occupait pas encore une place prépondérante dans le monde des herbicides.

 

 

Dans son évaluation de 1993, l’Agence américaine de protection de l’environnement s’est en effet majoritairement basée (à 73 %) sur des études antérieures à 1985, et seulement 11 d’entre-elles ont été revues et corrigées par les pairs.

 

 

Des nouvelles études qui changent la donne


 

Sauf que lors des trois dernières décennies, les choses ont bien changé. D’une part, les techniques scientifiques actuelles n’ont plus rien à voir avec celles utilisées à l’époque. D’autre part, le glyphosate connaît de nombreux autres usages depuis, et se retrouve répandu par tonnes sur les terres arables, plus seulement dans le but de détruire les mauvaises herbes concurrençant les céréales, mais aussi pour accélérer la dessiccation naturelle des plants avant la récolte. Des travaux du CRIIGEN publiés dans la revue Plos One avaient montré que la culture d’OGM tolérants au Roundup était le principal facteur responsable de la contamination par le glyphosate en analysant l’alimentation de rats de laboratoire.

 

 

La communauté scientifique, inquiète, s’est alors appliquée à étudier les effets de la molécule sur l’environnement et la santé en masse. Lors des 10 dernières années, pas moins de 1 500 travaux de recherche ont été publiés. Nos derniers travaux comptent parmi ceux qui soulèvent des risques potentiels du glyphosate au niveau du foie, du rein, ou du système cardiovasculaire à des doses inférieures à celles reconnues comme admissibles.

 

 

Or, aux effets du glyphosate, il ne faut pas oublier d’adjoindre l’impact des autres composés, inertes aux yeux des fabricants, mais qui, combinés au principe actif, pourraient amplifier les dégâts. Or, pour des raisons économiques, leur formulation demeure secrète.

 

 

Une surveillance accrue autour du glyphosate


 

Le CRIIGEN se réjouit de voir des membres éminents de la communauté scientifique internationale s’emparer des problématiques qu’il a successivement creusées et révélées depuis 2005 par la publication d’études scientifiques indépendantes.

 

 

Face à ces doutes qui ne font qu’être soulevés, les auteurs de ce travail plaident donc pour :

 

- U- - une surveillance plus appuyée sur les taux de glyphosate et métabolites dans la population, en mettant aussi l’accent sur les personnes les plus exposées,

 

2-      - recourir aux tests les plus modernes pour évaluer le risque,

 

3-      -une évaluation de l’herbicide dans son intégralité, sans se limiter à son principe actif.

 

 

Il s’agit de la seule façon pour déterminer avec plus grande précision les nouveaux standards de risque du glyphosate.

 

 

Pour rappel, le CRIIGEN plaide pour une réévaluation pertinente des herbicides à base de glyphosate ainsi que des OGM depuis plus de 10 ans. Cette réévaluation devrait s’effectuer pour tous les autres pesticides, seule façon de mettre à la disposition de la population mondiale, de l’eau et des aliments indemnes de pesticides et donc sains.