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Nos enfants bourrés de perturbateurs endocriniens

Les résultats d’une étude de 60 Millions de consommateurs montrent qu’en moyenne, les enfants portent dans leurs cheveux les traces de 34 perturbateurs endocriniens. Y compris des substances interdites plus de 15 ans avant leur naissance…

 

Après Générations Futures qui décelait du glyphosate dans les urines, c’est au tour de 60 Millions de consommateurs de détecter des perturbateurs endocriniens dans les cheveux de nos enfants. Les 43 cobayes, âgés de 10 à 15 ans, et vivant aussi bien en ville qu’à la campagne, présentaient tous, en eux, les résidus de molécules toxiques pour leur développement : 23 différentes au minimum, et jusqu’à 54 chez un seul enfant (contre 34 en moyenne).

 

Rappelons que les perturbateurs endocriniens sont des substances exogènes très stables modifiant les fonctions hormonales mais aussi les connexions nerveuses, et perturbent ainsi l’organisme au point de générer des troubles du développement, de la fertilité ou des cancers. Ainsi, les femmes enceintes (et leur fœtus) et les enfants sont les principales victimes des effets délétères de ces agents chimiques. Or, ces molécules se retrouvent dans de nombreux objets du quotidien : jouets, contenants alimentaires, peintures, cosmétiques, etc.

 

Des traces de perturbateurs endocriniens interdits

 

Faisant appel à un laboratoire indépendant, 60 Millions de consommateurs est parti en quête de 254 perturbateurs endocriniens différents, y compris les PCB, interdits en France depuis 1987, soit 15 ans avant la naissance des participants les plus âgés. Malgré cela, 42 des enfants analysés en portaient les traces, preuve de la persistance du contaminant dans notre environnement.

 

Dans le lot des « bonnes nouvelles », le recul net du bisphénol A, dont les effets comme perturbateur endocrinien sont avérés. Ainsi, « seulement » 20 % des échantillons étaient affectés : certainement les effets de son interdiction dans les contenants alimentaires depuis 2015. Moins rassurant, cependant, son remplaçant, le Bisphénol S, a été détecté dans 98 % des échantillons (42 enfants). Or, selon une étude récente, cette molécule pourrait bien être encore plus active que celle qu’elle est censée remplacer.

 

Un principe de précaution encore bafoué 

 

Parmi les autres composés, seuls les phtalates se retrouvent systématiquement dans toutes les analyses. Retardateurs de flamme bromés, PCB, métaux lourds, ou hydrocarbures aromatiques polycycliques ne figurent donc pas dans tous les échantillons, sans pour autant être marginaux. Rien de bien rassurant.

 

Réalisée avec de faibles moyens et sur un faible nombre d’individus, cette étude ne permet pas à ce stade une transposition à l’échelle de l’ensemble de la population. Néanmoins, elle donne une tendance cohérente avec celle menée en décembre dernier par l’Agence nationale de santé publique, qui, chez plus de 4 000 femmes enceintes, avait souligné la présence quasi-systématique de perturbateurs endocriniens.

 

Une fois encore, une simple application de la législation, mettant en œuvre le principe de précaution, pourrait venir limiter la casse…