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Du glyphosate dans nos urines

L’association Générations futures a dosé la présence de glyphosate dans les urines d’une trentaine de volontaires, et a révélé que tous les échantillons étaient contaminés par du glyphosate. Pire : pour 29 d’entre eux, les taux retrouvés sont supérieurs aux taux admissibles dans l’eau.

 

Trente cobayes, zéro exception. Qu’ils aient entre 8 et 60 ans, qu’ils soient hommes ou femmes, qu’ils soient végétariens ou non, qu’ils mangent bio ou pas, qu’ils vivent en ville ou à la campagne, personne n’a été épargné.

 

L’association Génération futures vient de mener une étude pour voir à quel point les citoyens français étaient touchés par le glyphosate. Ainsi, très exactement trente volontaires ont accepté de livrer un échantillon d’urine pour un dosage du principe actif déclaré de l’herbicide le plus répandu à travers la planète (800 000 tonnes épandus chaque année dans le monde). À l’aide d’un test appelé « ELISA », réalisé par le laboratoire allemand Biocheck, les résultats montrent que tous les participants présentent du glyphosate dans leurs échantillons.

 

De quoi interdire le glyphosate ?

 

Si un seul d’entre eux (0,09 ng/ml) montre des taux inférieurs à 0,1 ng/ml, qui correspond à la valeur maximale autorisée pour un pesticide dans l’eau, les 29 autres dépassent allègrement cette limite. En moyenne, les cobayes sont contaminés à hauteur de 1,25 ng/ml, avec une variabilité assez forte, puisque le taux le plus élevé retrouvé avoisine les 2,9 ng/ml.

 

S’il est statistiquement inexact d’extrapoler à l’échelle d’une nation comme la France à partir de tests menés sur seulement trente individus, cette étude livre néanmoins des résultats relativement proches de l’étude « Urinale », réalisée en Allemagne sur 2 000 personnes, qui trouvait une contamination moyenne de 1,08 ng/ml. De quoi donc donner une petite tendance, à quelques mois de la décision de la Commission européenne sur une éventuelle remise sur le marché de l’herbicide.

 

Pour rappel, l’instance doit se prononcer en fin d’année sur la question, après avoir offert 18 mois d’autorisation supplémentaire à la molécule. En attendant un éventuel accord entre les États membres ou l’avis de l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques). Celui-ci est tombé le 15 mars dernier et assure l’innocuité du glyphosate. Tout comme de nombreuses agences sanitaires avant lui. Mais toutes les instances ne sont pas d’accord à ce sujet : sur la base de nombreuses études universitaires indépendantes, le Circ (centre international de recherche sur le cancer), dépendant de l’OMS, classe depuis 2015 l’herbicide parmi les cancérigènes probables, une position tout juste rejointe par la Californie, par l’intermédiaire de son bureau d’évaluation des risques sanitaires.

 

Bruxelles continuera t-elle à favoriser les intérêts économiques au détriment de la sécurité sanitaire de dizaines de millions de citoyens ?