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Le Parlement européen s’oppose à l’importation de nouveaux OGM

Alors que la Commission européenne proposait d’autoriser les importations de nouveaux OGM (maïs et coton) et de produits qui en sont dérivés, les députés européens se sont opposés à ces importations, à cause des risques que font courir les pesticides auxquels ils ont été rendus tolérants.


Mercredi 17 mai, les parlementaires européens se sont montrés favorables à deux résolutions distinctes, condamnant chaque fois l’importation de produits OGM en raison des risques encourus pour la santé.


Dans l’une d’elles était ciblé le maïs transgénique DAS-40278-9, tolérant à l’acide 2,4 dichlorophénoxyacétique (herbicide 2,4-D). Les travaux menés par des chercheurs indépendants ont soulevé les risques représentés par le 2,4-D sur le développement embryonnaires, les malformations congénitales et son activité de perturbateur endocrinien. Sans parler de la possibilité de retrouver, dans ces pesticides, des traces de dioxine et de furane, considérés comme cancérogènes aux propriétés hormonomimétiques.


En plus des inquiétudes sanitaires soulevées, les représentants des États membres ont fait part de nombreuses critiques durant la période de consultation de 3 mois : l’insuffisance ou le manque de données, des explications incertaines, la pauvreté des tests, l’absence d’étude sur la toxicité chronique sur 90 jours chez des rongeurs, etc.


Forts de ces données, les élus européens ont donc voté, à 436 voix contre 216 (et 34 abstentions) l’interdiction d’importer le maïs DAS-40278-9 dans l’Union européenne.


Après le maïs, le coton


La même journée, les députés devaient débattre de l’importation de produits issus du coton OGM GHB119. Là encore, à 425 voix contre 230 (27 abstentions), elle a été refusée. Cette plante est tolérante aux herbicides à base de glufosinate d’ammonium, considérés reprotoxiques dans l’UE. Malgré les risques connus, ces pesticides peuvent toujours être utilisés sur le Vieux continent, leur autorisation expirant au 31 juillet 2018.


Néanmoins, par peur que la culture de ce coton n’explose dans les autres régions du monde, et parce que là encore la méthodologie d’évaluation des risques accessible durant une période de trois mois n’a pas dissipé les doutes, les parlementaires européens ont également refoulé la plante transgénique aux frontières.


Cette actualité inspire deux remarques :


1) Les décisions du Parlement européen reflètent plus l’avis de la population européenne (majoritairement opposée aux OGM agricoles) que celles de la Commission européenne. Quoi de surprenant quand on sait que les députés sont élus alors que les commissaires européens sont nommés ? Pourtant, il ne s’agit là que de résolutions n’ayant aucune valeur contraignante... Cherchons l’erreur !


2) Ces OGM font figure d’exception, car environ 80 % des OGM sont des plantes tolérantes aux herbicides à base de glyphosate comme le Roundup. L’importation de ces OGM est quant à elle autorisée en Europe alors que de nombreuses études montrent des risques sanitaires des résidus de Roundup.


Ces décisions laissent penser que l’interdiction des herbicides à base de glyphosate est sans doute l’étape préalable par laquelle passera l’interdiction des plantes génétiquement modifiées qui y ont été rendues tolérantes. Mais c’est sans compter sur le lobbying de la Glyphosate Task Force qui conduit les agences sanitaires à s’appuyer sur des études partiales menées par les groupes agrochimiques concernés — et non sur les travaux réalisés dans le cadre de recherches indépendantes —, pour se prononcer sur l’innocuité du glyphosate.