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Glyphosate : les bandes tampons riveraines insuffisantes

La thèse d’une étudiante québécoise révèle que le glyphosate persiste plus longtemps qu’estimé dans le sol, et que la zone tampon de 3 mètres de large n’empêche pas la molécule pesticide d’atteindre les nappes phréatiques.


Il est bon de le rappeler : les herbicides à base de glyphosate, pesticides les plus utilisés dans le monde entier, ne peuvent être épandus sans contraintes. Celles-ci sont censées limiter la pollution des cours d’eau ou des champs voisins, quand l’agriculteur d’à côté opte, lui, pour un autre type d’agriculture.

 

Ainsi, au Canada, entre deux champs, une bande tampon de 3 mètres de large est imposée pour éviter la contamination du pré adjacent. Une mesure nécessaire… mais apparemment pas suffisante. Les travaux d’une doctorante québécoise, Louise Hénault-Ethier, semblent en effet montrer que ces règles ne résolvent aucunement les problèmes et, au contraire, en favorisent d’autres.

 

Du glyphosate dans les nappes phréatiques


La scientifique est partie du constat que le devenir du glyphosate dissout dans l’eau était peu étudié alors qu’il est fréquemment retrouvé dans les eaux de surface. Et elle a bien fait de creuser la question, au sens propre comme au figuré. Ses travaux, publiés dans Science of Total Environment, montrent d’abord que les zones tampons ne limitent pas l’élimination du glyphosate ou de son dérivé, l’AMPA. D’autre part, un an après épandage, la substance active se retrouve toujours dans les sols, et, non détériorée, elle s’infiltre plus profondément pour rejoindre les eaux souterraines et peut alors migrer jusque vers les nappes phréatiques.

 

Là encore, il aurait été légitime que ce genre d’études aient été menées au préalable, avant autorisation de mise sur le marché du pesticide. Une nouvelle fois, le principe de précaution a été bafoué, et il a fallu 2017, soit 43 ans après l’obtention de son brevet, pour déterminer la propension de cette substance à persister et rejoindre les zones d’eau potable.