Support Séralini Team for GMO Risk Research - CRIIGEN
Soutenir le CRIIGEN

Dr Christian Vélot "Colmar : en neutralisant un essai de vigne OGM, les faucheurs volontaires ont commis un acte salutaire"

Mercredi 28 Mai 2014

Suite à la relaxe de 54 faucheurs volontaires ayant détruit une vigne OGM, plusieurs organismes de recherche ont critiqué le verdict et dénoncé une remise en cause du « droit à expérimenter ». Une position que ne partage pas le généticien moléculaire Christian Vélot. Énonçant les risques environnementaux générés par ce test en plein air, il interroge : « Pourquoi fabriquer cette vigne génétiquement modifiée plutôt que d’étudier des vignes déjà résistantes à des maladies virales ? ». Il plaide pour des recherches participatives : « Ce sont les paysans qui sont les premiers généticiens du monde. »

Le 14 mai dernier, la cour d’appel de Colmar relaxait les 54 faucheurs volontaires qui avaient, le 15 août 2010, neutralisé un essai de vigne transgénique mené en plein air à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Colmar. Cette vigne avait été génétiquement modifiée (GM) pour résister au court-noué, une maladie virale transmise aux pieds de vigne par des vers microscopiques du sol (nématodes). Depuis ce verdict, on assiste à un déferlement de réactions offusquées de la part des représentants des grands organismes de recherche avec l’Inra en première ligne bien sûr [1], et d’autres défenseurs inconditionnels d’une technoscience prétendue synonyme de progrès, dont Geneviève Fioraso elle-même, secrétaire d’État à la Recherche, qui, au passage, n’hésite pas à s’asseoir sur le principe de séparation des pouvoirs en se permettant de critiquer une décision de justice [2].

Ces chantres de la science bien pensante crient au scandale, à l’injustice, à l’atteinte aux « expérimentations contrôlées (sic) sur des innovations technologiques », au droit d’ « expérimenter pour améliorer notre avenir collectif » (re-sic), à « la mission des chercheurs au service de l’intérêt général » (re-re-sic), à « l’expertise publique indépendante » (re-re-re-sic) [3]. N’en jetez plus ! C’est trop douloureux ! La recherche innocente et bienfaitrice mise à mal par une action de justice qui donne raison à des vilains faucheurs ignorant tout de la Vraie Science et de l’Intérêt Général. La victoire du Mal sur le Bien ! C’est drôle de constater comment des scientifiques qui sont prêts à sacrifier la recherche publique sur l’autel des intérêts mercantiles à court terme n’hésitent pas à se réfugier derrière elle lorsque ces mêmes intérêts sont en danger. Quelle indécence !

 

Lire la suite sur Bastamag