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Editorial - Juillet/Août 2008

Mercredi 16 Juillet 2008

Le CRIIGEN est d'abord une association non militante d'expertise qui offre non seulement une analyse indépendante des producteurs de la situation des OGM dans le monde, mais qui expérimente à travers les membres de son conseil scientifique, et il a étendu son activité aux effets de la pollution sur l'écosystème et la santé, dans la mesure de ses moyens.


Le Grenelle de l'Environnement a déjà été pour le CRIIGEN l'occasion de participer aux réunions préparatoires du grand regroupement d'associations de défense de l'environnement, nommé l'Alliance, et d'être représenté au cours des délibérations. Ses revendications principales étaient la demande de transparence sur les risques des OGM (voir pétition), et la prolongation des études de risques. Le CRIIGEN a révélé que 99,9% des OGM cultivés commercialisés étaient des plantes modifiées pour contenir des pesticides nouveaux, extrêmement mal testés sur la santé. Leur consommation est suivie sur une seule espèce de mammifère de laboratoire, le rat, et pendant 3 mois seulement en général, et encore cela n'est pas exigé par la réglementation. Au contraire, les analyses de sang de ces animaux sont les données les plus solides (?) pour attester qu'il n'y aura pas d'effet indésirable, puisque les humains ou les animaux de ferme qui consomment des OGM ne sont pas identifiés ni suivis (pas d'étiquetage sur le continent américain).

 

Le CRIIGEN pense que cela n'est pas sérieux, et que c'est une erreur scientifique historique. De plus, ces analyses sont classées confidentielles par les entreprises qui les réalisent et les états qui les valident, ce qui nous apparaît très anormal. Certaines ont révélé des signes de toxicité grâce aux études du CRIIGEN (voir notre dossier MON 863). La présidente du CRIIGEN Corinne Lepage a été chargée par le Ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, à titre personnel et en tant qu'ancienne Ministre, de rédiger à la suite du Grenelle de l'environnement un projet de loi sur l'information environnementale, l'expertise contradictoire, la protection des lanceurs d'alerte et la responsabilité des entreprises, notamment (voir 1er rapport Mission Borloo). Elle s'est entourée pour cela d'une commission bénéficiant du travail du CRIIGEN entre autres et comprenant du CRIIGEN les Prs. Gilles-Eric Séralini et Yves Dupont.

La Loi française sur les OGM est aujourd'hui publiée (voir Aspects juridiques et législatifs). Le CRIIGEN à travers de nombreuses auditions a fait valoir ses idées. Il a déjà souligné le retard et la timidité de cette loi. Dix-sept années de retard cumulé ! Une directive européenne de 1998 (10 ans de retard) sur les OGM en milieux confinés et une autre de 2001 (sept ans de délai) sur les OGM disséminés volontairement dans l'environnement étaient censées par là être retranscrites. Il leur manque bien sûr les deux piliers sur l'exigence de la transparence et la prolongation obligatoires des tests sanitaires demandés par la 2001/18. Le reste gère assez mal les contaminations des agriculteurs qui perdent de l'importance pour beaucoup si l'on considère très légèrement qu'il n'y a pas de risque ! Elle est insatisfaisante par rapport aux Directives Européennes qui ont elles-mêmes certaines lacunes sur lesquelles nous travaillons.

Suite au travail du CRIIGEN (Séralini, Cellier, Spiroux, Arch. Env. Contam. Tox., 52, 4, 596-602, 2007) 12 pays d'Europe ont voté en juillet 2007 pour faire recommencer l'expérience sur le maïs OGM MON 863 consommé pendant 3 mois par des rats, comme nous le demandions. Puis des experts choisis par Monsanto ont admis en novembre 2007 (Doull et al.) voir "dossier MON863" qu'ils avaient bien vu des effets significatifs comme nous l'avions révélé, mais qu'ils n'en avaient pas tenu compte pour deux raisons fondamentales : ces effets n'étaient pas les mêmes chez les femelles et les mâles (jusqu'à 40% d'augmentation du taux de graisses triglycérides dans le sang des femelles !), et deuxièmement parce qu'ils n'étaient pas proportionnels aux deux doses d'OGM que Monsanto avaient choisies dans le régime (11 et 33% de ce dernier, équilibré par ailleurs). Pour le CRIIGEN et de nombreux autres experts, ces critères sont ridicules et cela se fera savoir. Il dénonce l'acceptation tacite de ces critères par certains comités scientifiques. Le plus grave est que les compagnies semblent les utiliser pour exclure, au bout de trois mois de tests sur l'animal, les effets secondaires visibles de médicaments ou de pesticides. Nous travaillons activement à faire évoluer ce dossier. Sa mise en lumière fut déjà un travail énorme.

En ce qui concerne la possibilité de changement, initié lors de la présidence française de l'Union Européenne en juillet 2008, du système d'évaluation des biotechnologies et des nanotechnologies en Europe (voir deuxième rapport, page d'accueil), le Ministre Jean-Louis Borloo a demandé un second rapport s'inspirant du premier mais allant plus loin à Corinne Lepage. Une deuxième commission a été constituée, où le Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN a aussi travaillé. L'EFSA, agence européenne de sécurité, pourrait voir son fonctionnement sensiblement amélioré sur l'indépendance de l'expertise, l'organisation de l'expertise contradictoire, la transparence des données. Notre présidente a été auditionnée par un groupe de travail des ministres européens (Juillet 2008).

Le CRIIGEN désire par ailleurs initier des tests de sécurité sanitaire adéquats avec les OGM, et des tests sur les effets du Roundup et de pesticides sur les cellules humaines, de mammifères, et la sphère microbienne. Nous écrire pour nous soutenir à ce sujet. Aidez-nous, pour vous.